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Mitch Epstein, American Power

Communiqué de presse


Il y a plusieurs façons d’envisager la production d’énergie : l’une, positive, essentielle au progrès, au bien-être de la société, l’autre plus complexe, peut être vue comme l’essence du capitalisme irresponsable et conduire à des catastrophes telles Tchernobyl en Russie ou Fukushima dernièrement au Japon.


En 2003, Cheshire, village américain de l’Ohio, doit être définitivement vidé de ses habitants, pour cause de pollution. L’American Electric Power (AEP), responsable de la contamination des sols, indemnise les familles espérant leur silence en cas d’intoxication. Mitch Epstein, photographe américain né en 1952, s’y rend pour le New York Times. Fasciné, il décide d’entamer un vaste projet, American Power, devenant une sorte de touriste de l’énergie aux USA. Il s’agit pour lui davantage de comprendre que de juger; ce n’est pas une critique frontale, mais plutôt la mise au jour d’éléments d’une réflexion pour chacun, soutenue par la puissance des images.


L’utilisation de la chambre 20 x 25 cm, avec du film et un trépied, a permis à Epstein de voir ces paysages dans toute leur majesté - mais aussi avec toute leur arrogance - dans la grande tradition de la photographie américaine du paysage ; c’est malheureusement aussi une approche qui rend l’artiste beaucoup plus vulnérable, intrigant : impossible de travailler à la sauvette.


Il doit donc très vite faire face à  de nombreuses menaces durant les prises de vues, et c’est ainsi que la question du pouvoir s’est imposée : pouvoir des politiques, des entreprises, pouvoir de la nature et des artistes. La langue anglaise, plus compacte que le français, permet l’utilisation du mot « power » dans tous les cas, aussi bien pour le courant électrique que pour le politique, ce qui rend ce titre pertinent intraduisible. Ce projet s’inscrit dans la tradition documentaire couleur contemporaine dont Mitch Epstein est l’un des meilleurs représentants. Auteur de nombreux ouvrages, lauréat de nombreux prix, dont récemment le prix Pictet, Mitch Epstein nous livre un témoignage brillant, fait de fragments de réels qu’on espérait pure fiction.


L’exposition rassemble l’ensemble des images du livre, édité en français pour l’occasion par Steidl.










 







Mitch Epstein, Centrale thermique de Gavin Cheshire, Ohio, 2003 © Black River Productions, Ltd / Mitch Epstein. Courtoisie Galerie Thomas Zander, Cologne

Exposition du 4 mai au 24 juillet 2011. Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis - 75014 Paris. Ouverture du mardi au dimanche de 13h à 18h30, le samedi de 11h à 18h45, nocturne le mercredi jusqu’à 20h30.

Mitch Epstein, Centrale thermique de Gavin Cheshire, Ohio, 2003 © Black River Productions, Ltd / Mitch Epstein. Courtoisie Galerie Thomas Zander, Cologne

Archives expositions personnelles France

   Mitch Epstein, American Power
   Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
   04.05- 24.07.2011

Archives expositions personnelles (E-F)